Vous avez 1 bonne raison de comparer et 6 excellentes raisons de ne pas le faire!

[Une définition pour commencer] « Comparer, c’est créer une hiérarchie de critères pour positionner entre eux  les éléments  comparés, relativement à leur « score » de valeur (objective ou subjective)  pour chaque critère. Le but de l’opération étant de permettre, une fois cette hiérarchie faite, de mettre en avant le dessus du podium sans se poser de question. »

Enfin, … dans le meilleur des cas, bien sûr.

  1. UNE bonne raison de Comparer.

    Vous décidez d’acheter une voiture, c’est mûrement réfléchi, budgétisé, fantasmé même, et vous venez de faire toutes les annonces du Bon Coin, y compris la Porsche Carreira Rouge à 220 000 € (mais  à ce prix là, la petite rayure sur l’aile, c’est non, ôôh!) et la 205 GTI pour pièces (à venir chercher sur place), mais non merci.

Vous avez fait une sélection de 17 véhicules « bien sous tous rapports », et ça vous a pris des heures. Prochaine étape: la décision. Si vous ne comparez pas, à moins d’acheter les 17, vous êtes perdu. Et si vous achetez les 17, c’est votre budget qui est perdu. (Sans compter que, du coup,  je ne parierais pas trop sur votre couple, hum)

COMPARER, C’EST POUR CHOISIR.

Et c’est bien, car sans comparer, vous voilà un peu encombré, et vous n’avez aucun moyen de décider.
COMPARER C’EST POUR DÉCIDER. Sans comparer, impossible de trancher. Mais autant comparer avec les bons critères, pour prendre la bonne décision,… en laissant les autres critères de côté.
Témoin cette citation culte d’un film bien connu, en réponse à cette tirade montrant toute la complexité d’un bon choix:
– C’qui faudrait, chef, c’est un bateau pas trop gros pour pas se faire repérer, et pas trop petit pour arriver en Angleterre.
– Oui, la couleur on s’en fout !

(« La septième compagnie au clair de lune »)

 

2. SIX Excellentes raisons de ne pas comparer

Mais voilà. Hormis pour faire ce choix éclairé et prendre une décision valide, comparer peut vous apporter tous les ennuis du monde. D’où ces 6 excellentes raisons de ne pas le faire!

  1. Comparer masque les différences!

    Vous êtes incrusté dans le rayon depuis 20 minutes, et votre joyeuse compagnie s’impatiente sûrement dans la voiture. Mais tout le problème est là: quelle bonne bouteille choisir pour ce dîner entre amis?  Grand moment de solitude au milieu d’un linéaire de 25 mètres sur cinq rayonnages, où il vous faut dégoter LE vin du siècle. C’est déjà un critère, certes, mais il est un peu flou, assurément. Donc vous allez en choisir d’autres! Ah! La couleur:  Isabelle préfère le rouge?  Mais pour le dessert, le blanc c’est bien? Et le rosé, que Philippe aime tant? Arrrghhhh!  Alors le terroir, plutôt : Bordeaux ? Loire? Alsace? Hérault? Euh, bon… le prix bien sûr! Allez, combien y mettrez-vous? 12 euros la bouteille? 26 €? 6,50€ c’est peut-être pas suffisant?
    Une fois établis les critères, il va encore falloir… se  décider. Ça tombe bien, vous avez lu un peu plus haut que comparer aide à choisir. Seulement voilà: cela nécessite de comparer ce qui se compare, afin de hiérarchiser les choix. Alors… faut-il prendre un bon Bordeaux Rouge en lot de deux avec 1/2 litre offert, ou bien seriez-vous mieux avec ce rosé de Loire à 18 € les 75 cl? En plus, il existe aussi des Rosés de Bordeaux,  du coup, vous regardez de plus près. Le rosé de Bordeaux est en promotion… et d’ailleurs, le crémant aussi, est-ce que ça irait le crémant? Ah! Quitte à prendre un Bordeaux, peut-être plutôt celui à 42 euros, histoire de faire un grand coup d’éclat? Mais alors si vous preniez plutôt ce blanc d’Alsace qui vous rappelle le succulent repas de mariage de tante Mimi? Au moins pour le dessert? Mais  faudrait-il du sec ou du moelleux?  Et puis là, non, ça fait trop pour le budget du coup, on recommence…

    Et le pire, c’est que vous devez passer aussi au rayon des chips…

En fait, c’est juste ça: Lorsque vous comparez, vous avez besoin de trouver des ressemblances: Il est impossible de comparer des petites cuillères et des taies d’oreiller, car il n’y a alors aucun « levier » de comparaison!  Ça n’a aucun sens. Toute comparaison nécessite des points communs, qui donneront du sens!

En vous focalisant sur les points communs, vous comparez uniquement des choses comparables… mais vous perdez parfois l’essentiel : ces points communs mettent-ils en avant LA RAISON et LA VALEUR de votre décision à prendre? Rien n’est moins sur.

Vous vouliez seulement une bouteille sympa à partager entre amis, et vous avez récolté la prise de tête du millénaire.
La prochaine fois, vous apporterez le café. Cool, le café.
( Jusqu’à ce que vous vous demandiez: Brésil? Costa Rica? Arabica ou robusta? Dosettes, moulu, grains?)

2.Comparer est  parfois totalement inapproprié

Samedi 15 h 25. Vous avez finalement  réussi à trouver cette demi-heure pour emmener votre rejeton au parc. Il est là, à descendre le toboggan et le remonter dans la foulée pendant que vous maudissez les prévisions météo sur le banc réservé aux parents. Normalement, il devait faire chaud.
A coté de vous, une jeune maman  fait des grands signes à son petit Théo, qui  joue à traverser sans relâche les filets au dessus de la rivière aux crocodiles (dessinés à la peinture, les crocodiles). Le petit revient régulièrement la voir et lui demande « Je peux jouer encore?  » et elle dit oui avec le sourire. Une qui savait : elle a dû mettre son thermolactyl.  Pendant ce temps-là, le vôtre est déjà parti à l’autre bout du terrain et a entamé son après-midi avec l’enthousiasme de celui qui va la finir sur place, pour une fois que vous avez trouvé le temps de l’amener ici … Pour un peu, vous donneriez son gamin à bouffer aux crocodiles. Ou le vôtre.

Non, ne comparez pas. Là, c’est carrément inapproprié.
Vous repartirez  transi en tirant  le vôtre par la main, et maman-thermolactyl  repartira avec son adorable bambin qui se préoccupe d’elle toutes les quinze minutes. On change pas.

Et pareil à la réunion des parents à l’école, entre vos jumeaux qui jouent avec application sur leur ressemblance pour  exaspérer la maîtresse, et la gamine à lunette assise devant entre son père et sa mère -Tiens, vous l’avez déjà vu celle-là. Au parc. Maman-thermolatcyl. En plus, elle a tout bon avec ses mômes… Grrrr…

Ne comparez pas, on vous dit. Vous vous faites du mal. Pour rien.

3.Comparer se fait sur des valeurs fausses

La pub vous le montre: ce produit lavant est bien mieux que l’autre. Pourquoi? à cause des enzymes supra-conditionnés entraînés en usine à bouffer les tâches grasses avant même que vous ayez renversé l’huile sur la nappe. La lessive d’à côté n’a pas ça.  Eh non. Par contre, elle a des agents de blanchiment multidimensionnels à faire pâlir un fantôme. L’une vous promet une satisfaction incomparable (tiens!) « par rapport aux autres lessives du marché pour un prix moins élevé » (Si ça, c’est pas de la comparaison!) L’autre vous rappelle que la blancheur de votre linge représentera aux yeux de tous vos mérites de maîtresse de maison et qu’il ne faut pas rigoler avec ça.
Quelles sont les valeurs mises en avant? A l’époque de nos préoccupations environnementales, ces lessives vous parlent de leurs produits en mettant en avant des valeurs érigées en monuments de choix incontournables: l’économie, et l’image de vous. Rien à voir avec les qualités attendues d’une lessive.  Faites leur un pied de nez. Et faites votre lessive bio vous-même. Na.

Les valeurs fausses induites par la pub sont légion: l’argument massue qui va vous faire acheter tel produit plutôt que tel autre a plus à voir avec qui vous êtes qu’avec quel est le produit…!
Alors vous comparez quoi, en fait?
Votre image de vous avec celle que vous supposez que les autres auront de vous? Aïe.

Et sur le Bon Coin, pour finir, n’avez vous pas parfois envie de choisir la voiture qui fera taire votre voisin avec sa brouette?

Valeurs fausses, on vous dit.

4.Comparer vous empêche de voir vos qualités réelles

En sélectionnant des critères comparables, vous oubliez de voir tout ce qui fait la richesse, la diversité, la nouveauté, la qualité « à part » de ce que vous comparez. Ces éléments là ne sont pas comparables, la rareté ne se compare à rien.

Imaginez juste que votre façon de comparer va se reporter aussi sur votre vision de vous-même: qui êtes vous en face de ces critères qui vous font comparer les autres autour de vous?

Toute votre unicité, où va-t-elle se nicher, et comment la reconnaîtrez-vous si vous ne comparez que ce qui est semblable entre vous et les autres? « Moi, au moins, je ne suis jamais en retard« , dit Amélie en pensant à Josiane. Seulement elle n’a pas comparé (pas vu) que Josiane a un talent incomparable pour la cuisine exotique, et en se vantant de n’être pas en retard, Amélie oublie de reconnaître sa propre capacité à inventer des histoire fabuleuses, car elle n’a pensé à la comparer avec personne d’autre… Quant à votre Ludovic, il peint divinement, mais qui a eu l’idée de voir en lui autre chose que le plus lent des élèves de la classe  en math, qui risque de redoubler?

5.Comparer vous rend plus facile à manipuler

Ce sont les neuro-sciences qui nous le disent, et l’étude de « l’éco-comportement » est formelle à ce sujet: nous choisissons toujours le choix le plus simple et immédiat.

 

Alors si je souhaite vous faire acheter l’abonnement papier de mon journal, je vous présenterai cette offre-là:
« journal sur internet: 20€
« journal papier : 99€
« Journal papier + internet »: 99€ aussi

Vous allez comparer la seule chose comparable: le prix. Et l’avantage va vous sauter aux yeux: deux pour le prix d’un! Mazette…!
Cette étude a été faite. Les résultats sont stupéfiants: à l’heure des technologies sur écran, cette offre  papier + internet s’est beaucoup plus vendue que l’offre internet seule, pourtant beaucoup moins onéreuse…  La comparaison était si facile  à faire, que les acheteurs ont préféré « y gagner » en prenant la troisième formule.
Pourtant, lorsqu’a été proposé cet abonnement couplé papier + internet au prix de 99 + 20 euros, alors les acheteurs étaient majoritairement intéressés par … l’offre internet sans papier, la moins chère donc.

En fait, vous êtes très prévisible, et il suffit de le savoir: vous comparez en général avec le plus simple des critères qu’on vous donne.
vous êtes donc facile à manipuler.

6. Comparer crée de l’insatisfaction

Lorsque vous comparez, vous établissez des ordres de valeurs et de grandeurs artificiels, basés, on l’a vu, sur les critères les plus simples -pas forcément les plus intéressants-.

Ce faisant, vous vous focalisez souvent sur ce qui  est mieux chez les autres, et moins bien chez vous (ça reste un comportement hélas très très humain), en créant au passage les conditions de votre insatisfaction chronique.

Cette insatisfaction n’est même plus, à un moment donné, capable de relativiser les valeurs des éléments comparés. Elle érige ces comparaisons en monuments dont la taille ne sera comparable… qu’avec celle de la souffrance que cela va générer chez vous!

Votre voisin aura dégoté sur internet une meilleure offre de voiture que la votre (vous oubliez qu’il y a mis le triple, ce n’est plus le même critère), sa femme fait des gâteaux plus savoureux que votre petite fille de 6 ans qui s’essaye à la cuisine, et même son chien fait ses crottes dans les coins quand le votre les fait au milieu de la pelouse: vous finissez par ne voir que ce qui vous blesse et vous frustre. C’est un phénomène connu de restriction progressive du champ d’observation…!!

Alors il est largement temps de sortir des comparaisons! Assez souffert!

Vive la Vie-comme-elle-est.  Chaque élément et chaque personne, chaque situation que vous vivez, tout cela est spécialement unique et incomparable.
Prenez tout cela tel que ça vient, avec cœur, avec ouverture, avec joie …et patience (parfois, il faut aussi, c’est sûr!).

ClaireBurel.com - Le Jeu Mille Mercis

Focalisez-vous sur le bon de chaque situation, le meilleur de chaque personne, les qualités de chaque objet, et vous serez le plus heureux des hommes (si vous êtes un homme. Sinon, vous serez la plus heureuse des femmes, et c’est juste génial aussi. Aucune idée de comparaison là-dedans. Tout le monde peut être le plus heureux du monde, il n’y a aucun numerus clausus du bonheur…)

Tiens, justement! Une idée comme ça, avant de vous laisser retourner à vos occupations, en voyant la carte ci-dessus…
Pour développer la qualité de regard qui voit le meilleur intrinsèque et le bon unique, sans avoir besoin de comparer quoi que ce soit, découvrez le jeu Mille Mercis : en tirant une carte chaque jour, vous chercherez ce qui, dans votre journée, matche avec la carte. Et là, vous êtes heureux  chaque jour d’une réussite différente,  détachée de toute comparaison, et vous découvrez votre potentiel de réussites, en ouvrant grand la porte à tout ce qui fait du bien.

Hmmmmm…. savourons!

Avec cette dernière photo, le mot de la fin sera pour Milton Erickson, dans cette petite histoire (véridique). Cet homme hors du commun, père de l’hypnose ericksonnienne,  envoya un jour une belle carte illustré d’une photo des astres disséminés dans un profond ciel insondable, assortie de cette petite question  » Quand vous regardez l’immensité du ciel,  sentez- vous comme nous sommes peu de choses?« .

Et au dos de la carte, il avait simplement écrit « Moi non plus!« .

Vous êtes INCOMPARABLE. La VIE l’est aussi.

Comme vous ha ha ha…!

 

CLaire BUREL

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